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La tapisserie d'Aubusson - Niveau Collège - Lycée

  • Titre: La coutellerie nontronnaise
Tapisserie d'Aubusson

Niveau Collège - Lycée

« Il n'y a rien de plus noble qu'une tapisserie. […] C'est un mélodieux travail de harpiste. » Jean Cocteau

Les tapisseries d’Aubusson sont des ouvrages textiles tissés manuellement sur un métier à tisser horizontal (métier de basse lisse). Le tissage est exécuté par le lissier. Son décor est le résultat de l’entrecroisement de deux sortes de fils : les fils de chaîne, disposés dans la longueur, sont recouverts par les fils de trame dans la largeur. Les premiers sont en coton et fortement tendus, tandis que les seconds sont traditionnellement en laine ou en soie, mais aujourd’hui, tous les matériaux « tissables » peuvent être utilisés, tels que de la fibre optique, des fils métalliques, etc.

L’œuvre du lissier est affaire de patience. Au rythme de l’ouverture des fils de chaîne paires ou impaires par l’actionnement d’une pédale, le lissier glisse des flûtes, généralement en bois, enroulés de fils de trame. Lorsqu’une ligne de trame est terminée, il utilise un grattoir métallique ou un peigne en bois pour un obtenir un tissage serré qui confère, à toute tapisserie, une texture caractéristique. Une fois que la trame recouvre l’ensemble des fils de chaîne, la tapisserie est terminée.  Le lissier peut alors procéder à la « tombée du métier », c’est-à-dire au coupage des fils de chaîne qui permet de révéler la tapisserie sur son endroit. Reste enfin la phase de finition avec la couture des bords et des relais.

Il faut compter un an et demi de formation avant qu’un apprenti ne puisse produire des tapisseries commercialisables et trois années de pratique pour arriver à un niveau de productivité similaire aux ouvriers expérimentés. Si en 1884 est fondé le centre national pour la formation aux métiers de la tapisserie à Aubusson, suite au déclin des années 1980 à 2000, il ferme ses portes en 1992. La formation des lissiers se fait alors en interne de chaque atelier de production. L’âge et le nombre de lissiers posant un problème de transmission des savoir-faire et à la suite de l’inscription de la tapisserie d’Aubusson sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en 2009, une formation en deux ans de professionnels du tissage est de nouveau proposée depuis 2010. 

Outre la maîtrise des gestes du tissage, de par son travail en partenariat avec le créateur du carton, dessin modèle sur lequel il se base pour réaliser la tapisserie, le lissier est à la fois créateur, interprète et producteur.

Vidéo : La Cité de la Tapisserie, atelier Patrick Guillot

Légende : le duo artiste-lissier

Pratique artisanale existant depuis près de six siècles, la production de tapisseries d’Aubusson, malgré son déclin, ne s’est jamais interrompue. Actuellement, on compte deux filatures, trois manufactures et huit ateliers. L’ensemble des métiers nécessaires à la fabrication de tapisseries sont encore tous présents sur le territoire.

De l'élevage ovin traditionnel à la laine

Si la laine utilisée pour les tapisseries d’Aubusson vient principalement d’Australie, la filière laine en Limousin, particulièrement dans le Parc naturel régional de Millevaches, est un secteur toujours en activité. De plus en plus d’éleveurs d’ovins prennent conscience du potentiel lainier de leur exploitation. La laine est produite à partir de la toison* des moutons. Une toison pèse environ 2 à 5 kg. Elle est d’abord triée puis débarrassée des graisses et impuretés par des entreprises spécialisées dans le lavage de la laine. En France, il n’existe plus que quelques centres de lavage, dont un proche du département de la Creuse.
Une fois nettoyée, la laine est filée par le filateur qui sélectionne les laines les plus adaptées au tissage pour fabriquer un fil qui corresponde aux exigences de la tapisserie d’Aubusson.

Vidéo : De la toison au fil à Aubusson, Felletin dans la Creuse

Légende : Le filateur fabrique les fils de laine à partir de la toison des moutons. La toison est la laine des brebis.

Pour obtenir des laines colorées, la laine, une fois filée, est teintée par le teinturier. On parle de « coloriste » tant le teinturier peut reproduire l’exacte couleur recherchée par le lissier ou l’artiste. Procédée manuelle, la teinture est effectuée en utilisant la trichromie visuelle, c’est-à-dire que le teinturier créé les couleurs et leurs nuances à partir des trois couleurs primaires qu’il a à sa disposition sous forme de pigments en poudre qu’il mélange progressivement.

Vidéo : La Cité de la Tapisserie, manufacture Robert Dufour

Légende : Le teinturier teinte les fils de laine pour les colorer. Il créé les couleurs et leurs nuances à partir des trois couleurs primaires (bleu, jaune, rouge) qu’il a à sa disposition sous forme de pigments en poudre qu’il mélange progressivement.
Le cartonnier dessine les tapisseries sur des supports en carton que le lissier comme base pour tapisser.

Quand cartons et tapisseries traversent le temps

L’humidité, les différences de températures, l’exposition au soleil ou à des éclairages inadaptés, les insectes, etc. sont autant de facteurs qui altèrent les tapisseries. Pour traverser les années, il est possible qu’une tapisserie doive être restaurée par des experts de la restauration, spécialistes de la tapisserie d’Aubusson, qui garantissent la sauvegarde de ce patrimoine textile ancien. Ces professionnels sont formés au pôle professionnel de la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson.

Vidéo : La Mémoire des peintres cartonniers à Aubusson dans la Creuse

Légende : Les restaurateurs de tapisseries et de cartons réparent les vieilles tapisseries et les anciens cartons.