Niveau primaire :
La figure légendaire de l’ours :
Dans les légendes, je suis parfois une sorte de géant ou une ancienne divinité de la fécondité. Je peux me dresser sur mes deux pattes arrières et j’ai une alimentation omnivore comme un homme, ce qui fait que l’on m’a souvent rapproché à un homme sauvage.
Le 2 février, les fêtes de l’ours marquent la fin de l’hiver et le retour du printemps. Selon les croyances populaires, je sors ce jour-là de mon hibernation. La météo va alors déterminer mon attitude et par conséquent des futures récoltes : s’il fait soleil, je retourne dans ma grotte et j’hiberne durant quarante jours supplémentaires, ce qui signifie que l’hiver se prolonge au détriment du printemps et des cultures.

Légende : Un homme déguisé en ours lors d’une Fête de l’Ours à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) © Robert Bosch/Ministère de la Culture
Le conte de Jan de l’Ors (Jean de l’Ours) :
Dans les contes, Jan de l’Ors (Jean de l’Ours) est issu de l’union d’une femme avec l’ours qui l’a enlevé. Ce thème se retrouve en France et dans d’autres pays qui ont connu la présence d’ours comme la Belgique, la Transylvanie, l’Allemagne, la Russie, la Croatie ou encore le Québec.
À la fois mi-homme et mi-ours, Jean est couvert de poils comme son père et possède une force exceptionnelle. À l’âge de sept ans, il réussit à s’évader de la caverne natale avec sa mère pour retourner chez les humains. Jean devient le plus fort des enfants en grandissant mais il va difficilement réussir à trouver sa place et être accepté par la société.

Légende : Le conte Jan de l’Ors © Texte Jaqueish Ròth / Illustration Tomàs Baudoin
La « Fête de l’ours » (Fèsta de l’ors) ou « Chasse à l’ours » (Caça a l’ors) dans les carnavals :
La fête de l’ours a encore lieu dans trois villages du Haut-Vallespir : Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo-la-Preste et Saint-Laurent-de-Cerdans. Le Carnaval Biarnés à Pau s’est inspiré de cette fête en reprenant le thème des ours. Ils symbolisent la sexualité mâle et bestiale et annoncent le retour du printemps. Les hommes sont déguisés en ours et envahissent les villages en mimant l’enlèvement des jeunes femmes ou bien un accouplement avec elles. Des chasseurs cherchent à les capturer et à les raser : une fois sa fourrure enlevée, l’ours devient symboliquement un homme civilisé.

Légende : Scène de poursuite dans les rues d’Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) lors de la Fête de l’Ours © Ministère de la Culture
Le savais-tu ?
Les Gaulois appelaient l’ours Artos : cette racine « art- » se retrouve dans le prénom du roi Arthur ou dans les noms des divinités comme Arthémis, Artahe et Artio. La racine grecque arktos a également donné son nom au continent Arctique. En latin, l’ours était appelé Ursus et a donné lieu à de nombreux noms de lieux.
Dans les Pyrénées, on relève de nombreux traces de l’ours : Artz, Arthez, Artix, Anso, Onso, Os, Ossau, Ousse, Ossa, Onsera, Orsiana, Osera, Ursa, etc. Les noms des villes de Berlin (Allemagne) ou Berne (Suisse) sont aussi issus de l’ours car les Germains nommaient cet animal bern. Le prénom Bernard, par exemple, veut dire « ours fort ».
Pour aller plus loin :
- Le conte de Jan de l’Ors en occitan : http://capoc.crdp-aquitaine.fr/file/Ressources_numeriques/JAN_ORS_Web.pdf
- Les fêtes de l’ours en Vallespir : http://www.fetes-ours-vallespir.com
- Le Carnaval Biarnés : http://www.carnaval-biarnes.com/
