Niveau primaire :
La bourrée en France
Je suis une forme de danse très répandue en France : on m’appelle parfois « bourrée montagnarde » ou « bourrée auvergnate ». J’ai un rythme à deux ou à trois temps. Lorsque j’ai trois temps, on me retrouve surtout en Haute-Auvergne, en Limousin, dans le Périgord, le Rouergue, le Gévaudan, le Haut-Quercy, le Morvan et le Haut-Berry. Lorsque j’ai deux temps, on me retrouve principalement dans le Bourbonnais, le Limousin, le Nivernais, le Charolais et le Bas-Berry.

Légende : Bourrée à deux temps, lors de l’évènement Campestral à Caubeyres le 24 mai 2015.
Auteur : Unuaiga CC BY-SA Wikimedia Commons
Bourrée plainière et bourrée circulaire
En Nouvelle-Aquitaine, on m’appelle borrèias et on me retrouve surtout sur deux territoires : le Périgord (Dordogne) et le Haut-Agenais (Lot-et-Garonne).
On connaît deux formes de bourrées à trois temps :
- la borrèia planièra, présente en Haut-Agenais, est désignée en français « bourrée plainière » (planièr signifiant « plat »). Deux files de danseurs se font face. Chaque rangée danse vers sa droite : à chacune des extrémités de la rangée, le danseur ou la danseuse arrivant au bout de la file doit passer dans celle d’en face. Cette forme de bourrée est redevenue populaire bien au-delà du Haut-Agenais lors des bals traditionnels.
- la bourrée circulaire est présente en Haut-Agenais et en Périgord où elle est appelée borrèia al torn (bourrée au tour) ou borrèia ronda. Cette fois des danseurs sont en couple et avancent en formant un cercle, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Les danseurs passent tour à tour sous le bras de leur partenaire.

Légende : Une bourrée plainière avec deux files de danseurs qui défilent vers leur droite, selon des trajets en dents-de-scie, lors du bal de l’ACPPG à Auch le 25 mars 2015. Auteur : Unuaiga CC BY-SA Wikimedia Commons
Bourrée limousine
On me localise surtout dans le sud du département de la Creuse, le nord-est de la Corrèze et l’est de la Haute-Vienne. J’ai failli disparaître car j’étais concurrencée par les danses « modernes ».
Ma danse se compose de déplacements latéraux sur cinq ou six pas, réalisés avec quatre personnes. Pour me danser, il faut avoir une certaine légèreté, des frappements de pieds, des cris d’accompagnement, une variété dans les déplacements (pas marchés, élans, arrêts secs, tours sur soi-même, etc.), ou encore autrefois des performances physiques (roue, pirouette, claquements de main par-dessus ou sous la jambe, etc.).
Niveau Lycée
La bourrée en France
La bourrée, mot dont l'étymologie reste inconnue, est une danse qui couvre, en France, une aire très vaste. Dénommées également « montagnardes » ou « auvergnates », les bourrées sont régies par des rythmes à trois temps ou à deux temps.
- Les bourrées à trois temps sont l'apanage de la Haute-Auvergne, du Limousin, du Périgord, du Rouergue, du Gévaudan, du Haut-Quercy, du Morvan, du Haut-Berry. Elles existaient de façon très parcellaire en Poitou, jusqu'en Vivarais et en Haut-Agenais.
- Les bourrées à deux temps concernaient le Bourbonnais, le Limousin, le Nivernais, le Charolais et le Bas-Berry.
Les mouvements et les trajets réalisés en dansant les bourrées s’organisent selon un pas qui semble être commun à toute l'aire de pratique et qui fait appel, à l’exception de certaines variations, à trois appuis par mesure.

Légende : Bourrée à deux temps, lors de l’évènement Campestral à Caubeyres le 24 mai 2015.
Auteur : Unuaiga CC BY-SA Wikimedia Commons
Bourrée plainière et bourrée circulaire
En Nouvelle-Aquitaine, les bourrées – appelées ici borrèias – étaient particulièrement présentes sur deux territoires : le Périgord (Dordogne) et le Haut-Agenais (Lot-et-Garonne).
En Haut-Agenais :
La bourrée concerne la partie orientale du Haut-Agenais, qui rejoint le Haut-Quercy (département du Lot) à l'est et le Périgord au nord. Pèire Boissières précise que le Haut-Agenais est à la limite de la zone d'influence limousine où on danse la bourrée.
On connaît deux formes de bourrées à trois temps :
- la borrèia planièra, présente en Haut-Agenais, désignée en français par l'occitanisme « bourrée plainière » (planièr signifiant « plat »), est dansée selon une configuration linéaire avec deux files de danseurs en nombre pair qui se font face. Chaque rangée danse vers sa droite, selon des trajets en dents-de-scie : à chacune des extrémités de la rangée, le danseur ou la danseuse arrivant au bout de la file doit passer dans celle d’en face.
- la bourrée circulaire, présente en Haut-Agenais comme en Périgord où elle est appelée borrèia al torn (bourrée au tour) ou borrèia ronda, rassemble des danseurs en couples mixtes. Régulièrement répartis sur un cercle, ils évoluent en cortège dans le sens inverse des aiguilles. Les danseurs passent tour à tour sous le bras de leur partenaire.
En Périgord :
Avant le début du XXe siècle, la bourrée semblait être pratiquée sur une aire située au nord d'une ligne Thiviers-Nontron, dans la partie du département de la Dordogne qui jouxte le Limousin (Haute-Vienne). Par ailleurs, dans cette même région, le mouvement des groupes folkloriques s'est fortement développé à la faveur de la dynamique mise en place par le mouvement félibréen. Celui-ci, œuvrant au renouveau de la langue et de la culture d'òc, a largement contribué à la diffusion de la bourrée sur l'ensemble du département, où elle fait aujourd'hui figure d'emblème régional.

Légende : Une bourrée plainière avec deux files de danseurs qui défilent vers leur gauche, selon des trajets en dents-de-scie, lors du bal de l’ACPPG à Auch le 25 mars 2015. Auteur : Unuaiga CC BY-SA Wikimedia Commons

Légende : Schéma de la trajectoire des danseurs d’une bourrée plainière
Bourrée limousine
L’aire géographique de la bourrée limousine se concentre dans le sud du département de la Creuse, le nord-est de la Corrèze et l’est de la Haute-Vienne. Après un déclin à partir des années 1960, concurrencée par les danses « modernes » (issues de la musique pop avec la mode « yéyé »), la bourrée revient dans les années 1980-1990 dans le répertoire des bals dits traditionnels. Toutefois la bourrée limousine ne semblait pas faire partie de ce mouvement « revivaliste », en restant délaissée des groupes folkloriques limousins à la fin des années 1990, dont le répertoire se composait d’emprunts à des groupes auvergnats et des créations.

Légende : Danseur de Bourrée
© Françoise Etay
La chorégraphie de la bourrée limousine est constituée par des déplacements latéraux de quatre hommes (rarement des femmes) s’exécutant en cinq ou six pas et s’ajustant à une structure rythmique reposant sur trois ou quatre mesures. Comme d’autres bourrées, la bourrée limousine suppose avoir une certaine légèreté, un engagement, des frappements de pieds, des cris d’accompagnement, une variété du déplacement (pas marchés, élans, suspensions, arrêts secs, tours sur soi-même, etc.), ou encore autrefois des performances physiques (roue, pirouette, claquements de main par-dessus ou sous la jambe, etc.).
Il existe encore d’autres formes de bourrées dans le Limousin : « la Jaçona », « l’Ajassoune » (« la petite pie ») ou encore « la Carrada » (« la Carrée »), qui s’effectuent avec deux ou quatre couples mixtes. Délaissées après la Seconde Guerre mondiale, elles restent encore connues de quelques danseurs.
Les bourrées au XXIe siècle
Si beaucoup de bourrées ont connu l'influence des contredanses et ont évolué vers des formes introduisant des « figures » souvent complexes, ce ne semble pas être le cas des bourrées planièras et al torn. En Périgord par exemple, les groupes pratiquent, à côté du répertoire plus ancien de bourrées circulaires, une multitude de bourrées à figure ainsi que des suites de bourrées. En Haut-Agenais, la pratique actuelle des danses issues de la tradition témoigne d'un réel intérêt pour les formes de bourrées locales, intérêt qui dépasse largement l'aire agenaise (notamment pour la borrèia planièra).

Légende : Un couple dansant une bourrée lors du bal « Enfants du folk » le 19 mai 2012 à Savigny-le-Temple (77)
© « Enfants du folk »
Bibliographie :
ETAY Françoise, « ‘’Per bien la dançar’’. Danseurs de bourrée en Montagne limousine : perception esthétique », Pastel, n°35, 1998, p. 28-37. URL :


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